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Antonio Fiori : Grandeurs et risques d’une cogestion à la française

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Celui-ci peut-être jusqu’à 20 ans plus jeune que notre âge calculé à partir de notre état civil ! Tandis que nous saisissons ce caractère d’individualité et de discontinuité propre à une foule d’objets de nos perceptions, d’autres objets revêtent un caractère opposé. Mais, dans l’état d’imperfection de nos connaissances sur la constitution des milieux matériels, on est autorisé à admettre pour certaines grandeurs physiques, telles que nous les pouvons concevoir et définir, des solutions de continuité résultant du passage brusque d’une valeur finie à une autre. Il va donc falloir concevoir des produits et services qui correspondent à une cible plus jeune, tout en offrant les fonctionnalités liées à l’âge réel. Alors que reste-t-il du potentiel de baisse ? L’idée du devoir absolu et celle de l’immortalité sont intimement liées : le devoir présent à la conscience constitue pour les spiritualistes la marque distinctive de l’individu dans le flux des générations animales, son sceau de souveraineté, son titre à une place à part dans le « règne des fins. Pour mener cet exercice d’équilibriste, le design sera l’outil idéal qui permettra de positionner le curseur entre fonctionnalité et style afin de déstigmatiser l’offre et lui donner toutes ses chances de succès. » Si au contraire le devoir absolu se ramène à une illusion, l’immortalité perd sa principale raison d’existence, l’homme devient un être comme un autre ; il n’a plus la tête dans une lumière mystique, comme le Christ sur la montagne, qui se transfigurait en s’élevant et apparaissait de niveau avec les prophètes divins planant dans le ciel. Un designer averti saura ainsi concevoir les produits ou services suivant une sémantique universelle, tout en intéressant ceux qui en éprouvent le besoin. Un tabouret de douche n’est finalement pas très éloigné des tabourets fabriqués pour du mobilier de jardin… La maison connectée n’en représente qu’une petite partie. Aussi l’immortalité a-t-elle toujours été le principal problème de la morale comme de la religion. La nature se personnifie à vos yeux : sa lumière semble une grâce qui vous est adressée ; il y a dans toutes ses créatures une telle surabondance de jeunesse et d’espérance, que vous vous laissez, vous aussi, étourdir par cet entraînement de la vie universelle. Au lieu de cela, autre hypothèse : la nature ayant un but, l’individu. Une idée joyeuse, au contraire, réagit sur les autres idées en les excitant ; une fois l’harmonie établie, le calme revient complétement. Il est curieux de constater que la tranche d’âge de 0 à 50 ans comporte des segmentations bien étudiées, mais passé la cinquantaine, on ne retrouve que le terme « senior » alors que cette tranche d’âge dépasse même la première en nombre d’années… et en diversité ! Des études sociologiques ont été menées afin de caractériser des groupes d’utilisateurs et d’en définir les spécificités dans les grandes lignes. Ils peuvent placer leur argent ailleurs, ou choisir de ne pas investir et imposer des coûts importants au reste de la société. L’individu est un composé d’un certain nombre de pensées, de souvenirs, de volontés correspondant entre elles, de forces en équilibre. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois  » Interroger cent personnes, c’est connaître cent choses ». Cet équilibre ne peut subsister que dans un certain milieu intellectuel et physique qui lui soit favorable ; or, ce milieu ne peut lui être fourni que pendant un certain temps. L’homme, dans sa constitution, ne peut pas avoir deviné l’éternité.

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