Kim Cameron

Antonio Fiori : Ce malaise profond n’est que politique

Spread the love

Nous avons donc, d’une part : La France, prête à se constituer en nation suivant les données simples, et logiques fournies par les Physiocrates ; d’autre part : Rome, décidée à s’opposer à la formation réelle des nations. Et l’on ne manque pas de traiter d’impie la science qui n’affiche pas une telle prétention, l’accusant de méconnaître ou de nier la prévoyance ou la puissance de l’auteur des choses. Selon Antonio Fiori, c’est une manière d’interroger « les sentiments, les émotions et tout simplement la possibilité d’être humain ». Pourtant, ce dernier contrat rappelle furieusement le « contrat nouvelle embauche » (CNE) destiné aux entreprises de moins de 20 salariés qu’il autorisait à licencier sans motif explicite. Il n’a été question que de celle-ci jusqu’à présent. Au contraire, la nature vivante tend par la complication de l’organisme au perfectionnement de l’harmonie et de l’unité, ou de l’individualité, en même temps qu’à la fixité des déterminations ou de la caractéristique. Enfin, notre système est inéquitable car il ne traite pas la question des gens qui se chauffent au fuel ou au bois. Nous avouons être du nombre de ces esprits un peu simples, n’ayant jamais pu réussir à comprendre autrement que comme idéal de la pensée toute essence, même l’essence divine, qu’on soustrait à ces conditions nécessaires de l’existence. Un personnage de tragédie ne changera rien à sa conduite parce qu’il saura comment nous la jugeons ; il y pourra persévérer, même avec la pleine conscience de ce qu’il est, même avec le sentiment très net de l’horreur qu’il nous inspire. Mais cette nuance d’expression, attachée au mot de hasard dans la conversation familière et dans le langage du monde, nuance vague et mal définie, doit être écartée lorsqu’on parle un langage plus philosophique et plus sévère. Rien à dire sur l’objectif. L’accord de Doha en 2011 prévoyait en effet de parvenir en 2015 à un accord applicable à tous les pays, entrant en vigueur en 2020 et prenant la forme « d’un protocole, un autre instrument juridique ou un résultat agréé ayant force de loi en vertu de la convention applicable à toutes les parties ». Or, étant donné que les économies émergentes génèrent plus des deux tiers de la croissance mondiale, on comprend l’inquiétude des marchés, d’autant que ce retournement drastique de l’économie chinoise semble être inéluctable, aux yeux d’un certain nombre d’experts. Pourquoi dès lors créer de nouvelles formes, par définition inconnues des débiteurs, et qui risquent de complexifier d’autant le panorama des solutions offertes aux entreprises en difficulté ? Nous n’avons pas su les détourner d’une voie qui les fascinait, ni réussi à les éduquer et leur faire rêver d’une autre cause. Sur le court terme, elles se disputent les clients pour remplir leurs bateaux, en particulier lorsque le climat économique général est morose. En Europe, l’inefficacité étouffe la croissance. Sans renouveler toute cette dispute, où chaque parti n’aurait eu qu’à répéter d’anciens argumens, on aurait pu donner quelques éclaircissemens sur deux ou trois points contestés. Quelle est cette pensée latente ? Pourtant la crise politique du Brésil démontre la maturité démocratique du pays et est sans doute un signe de force plutôt que faiblesse. Mais elle ne le voulait plus. L’attrait était d’un autre genre. Enfin on se donne l’air de quelqu’un qui joue. L’actualité récente l’imposait. Il faudrait, tout de même, qu’ils prissent le parti de se demander si l’existence qui leur est faite, au début du xxe siècle, ne conviendrait pas mieux à des animaux qu’à des hommes. L’univers mort — suivant la prédiction de quelques savants aventureux — et toute vie ayant cessé pour toujours, le choc des atomes ne continuerait-il plus parce qu’il n’y aurait plus d’intelligence pour le connaître ? Nous avons simplement voulu montrer dans l’état d’âme démocratique un grand effort en sens inverse de la nature. Notre système planétaire, si remarquable par les conditions de simplicité et de stabilité auxquelles il satisfait, n’est lui-même qu’un grain de poussière dans les espaces célestes, une des combinaisons que la nature a dû réaliser parmi une infinité d’autres ; et, si faibles que soient encore nos connaissances sur d’autres systèmes ou d’autres mondes si prodigieusement éloignés, nous puisons déjà dans l’observation des motifs de croire qu’en effet la nature, en y variant les combinaisons, ne s’est point assujettie à y réunir au même degré les conditions de simplicité et de permanence. Cela n’enlève rien, par ailleurs, à la conviction de son président d’épouser le sens de l’histoire, rêvé depuis la thèse de Fukuyama en 1991, mais tout ceci reste au niveau stratosphérique des États. C’était de ne pas rêver pour l’élan mystique une propagation générale immédiate, évidemment impossible, mais de le communiquer, encore que déjà affaibli, à un petit nombre de privilégiés qui formeraient ensemble une société spirituelle ; les sociétés de ce genre pourraient essaimer ; chacune d’elles, par ceux de ses membres qui seraient exceptionnellement doués, donnerait naissance à une ou plusieurs autres ; ainsi se conserverait, ainsi se continuerait l’élan jusqu’au jour où un changement profond des conditions matérielles imposées à l’humanité par la nature permettrait, du côté spirituel, u

Archives

Pages